Nichée au cœur des Portes du Soleil, Morzine-Avoriaz est souvent synonyme de sports d’hiver, mais l’été y révèle une toute autre facette. Dès les premiers jours de juin, la montagne se transforme en un immense terrain de jeu. Forêts denses, crêtes dégagées, alpages vivants…
le relief s’adoucit sous le soleil, mais ne perd rien de son caractère. À la frontière entre la Haute-Savoie et la Suisse, ce territoire se prête aussi bien à l’aventure qu’à la contemplation. Retour sur quatre expériences vécues au cœur de ce massif, entre VTT électrique, randonnées vers les refuges, descente en Avokart et découverte verticale sur la Via Ferrata.
Morzine-Avoriaz en e-bike : entre bike park et alpages vivants

La première journée commence par une montée tout en douceur grâce à l’assistance du VTT électrique.
Depuis Super-Morzine, la boucle s’engage d’abord sur les pistes aménagées du domaine. Le bike park d’Avoriaz, plus récent, se distingue par une approche accessible et ludique, notamment avec une piste spécialement conçue pour l’initiation au VTT électrique au milieu de la forêt. On y travaille les bases : la gestion du freinage, les relances, les montées courtes et toniques, le tout sur un parcours progressif et balisé. C’est une porte d’entrée idéale pour découvrir le plaisir du VTT assisté sans pression.
En basculant vers la cascade des Brochaux , le paysage change : chalets d’alpage, ambiance pastorale et une faune en liberté bien connue des habitués. L’itinéraire continue en forêt pour une descente douce et fluide jusqu’à Montriond (se prononce : « Mon Triond »).

Plus tard dans la journée, cap sur le domaine du Pleney. Ici, le bike park est plus ancien et bénéficie d’une réputation bien établie dans le monde du VTT. Les pistes avec des tracés plus rapides, parfois plus techniques. Une bonne manière de varier les sensations. Le VTT électrique trouve aussi sa place ici, grâce à des itinéraires liés aux remontées mécaniques ou à des parcours plus roulants pour profiter de l’autonomie offerte.
Pause bien méritée au restaurant Le Refuge, sur les hauteurs de Morzine. L’accueil est chaleureux, la carte simple mais efficace.
Ce que l’on retient surtout, c’est la complémentarité des deux domaines. Avoriaz pour la découverte et le jeu, Pleney pour les descentes plus soutenues. L’assistance électrique ouvre en grand les portes de cette diversité et permet de découvrir les deux domaines en une journée.
Douce itinérance vers le refuge de la Golèse
Changer de rythme, c’était l’objectif du deuxième jour. Le sac est préparé sans compromis : vêtements chauds, veste imper, et de quoi parer à toute évolution météo. Le ciel est couvert, les nuages s’accrochent aux sommets. Le départ se fait depuis le lac des Mines d’Or, direction le refuge de la Golèse.
La montée est progressive, le sentier bien tracé, même si quelques raidillons viennent rappeler qu’on est en montagne. Pas de panorama grandiose ce jour-là, mais une ambiance dense, presque fermée, où la végétation prend toute la place. Le vert domine, souligné par l’humidité ambiante. C’est vivant, un peu brut, presque silencieux.

Le refuge de la Golèse arrive au bout d’une bonne heure d’effort. Posé au creux d’un col, il offre un abri simple mais suffisant pour les randonneurs de passage. À l’intérieur, une grande salle commune, du bois, des conversations qui se croisent. Le repas est chaud, la présence humaine aussi. Même sans vue spectaculaire, le lieu respire l’authenticité.


L’idée initiale était de poursuivre jusqu’à Avoriaz via le col du Fornet. Mais la météo se dégrade et les prévisions annoncent des conditions difficiles en altitude. Ce n’est pas un orage franc, mais un plafond bas et une humidité lourde qui rendraient le passage incertain. Prudence. On décide alors de redescendre vers Morzine en longeant la Dranse.

Ce sentier, plus bas, serpente à travers la forêt et suit le cours de l’eau. Il offre un retour plus calme, presque méditatif, loin des crêtes mais pas sans charme. On garde en tête l’idée de revenir par beau temps pour tenter la boucle complète.

Du côté d'Avoriaz



L’Avokart : la descente façon kart tout terrain
Sur le papier, cela ressemble à un jouet géant. En pratique, c’est un concentré de fun. L’Avokart, c’est un kart trois roues sans moteur, avec une assise basse, un guidon et des freins puissants. Une fois installé, il « suffit » de descendre.
La descente ? Rapide, ludique et surprenante. Le tracé cumule environ 600 mètres de dénivelé négatif. Les virages s’enchaînent, on dose le freinage, on joue avec la gravité. Les trajectoires sont larges, ce qui permet de s’adapter rapidement. Ce n’est pas forcément silencieux — entre les crissements des roues, les exclamations et les éclats de rire — mais c’est assurément vivant. C’est accessible, engageant et étonnamment physique si on enchaîne plusieurs runs.
On ressort de là avec la banane. Une expérience qui mêle plaisir pur et cadre montagneux. Idéal pour alterner entre activités plus sportives.
Via Ferrata d’Avoriaz : un condensé de panoramas
Dernier jour, changement de verticalité. Direction la Via Ferrata d’Avoriaz. L’approche est rapide depuis le centre de la station, et le matériel se loue facilement sur place. Le briefing de départ est clair, rassurant.

Le tracé commence doucement, avec une prise en main progressive. Barreaux bien espacés, ligne de vie continue, marches naturelles : tout est pensé pour permettre à chacun de trouver son rythme. On prend de la hauteur sans appréhension.
Arrivés à mi-parcours, la vue sur le village se dévoile. Le contraste entre le vide sous les pieds et les chalets en contrebas est saisissant. Un peu plus loin, l’itinéraire propose un choix : une sortie soft pour conclure en douceur, ou une variante plus aérienne, suspendue au-dessus du vide, pour les plus à l’aise.


Cette via ferrata a le mérite d’être accessible, bien équipée et située dans un cadre très lisible. Une belle initiation pour ceux pour qui c’est une première, qui donne envie de recommencer ailleurs.
Des expériences qui laissent la place à l’essentiel
Morzine-Avoriaz en été, c’est un condensé d’options pour celles et ceux qui aiment bouger, sans forcément chercher l’exploit. Du vélo électrique accessible, des randonnées immersives, des activités ludiques et même un peu de verticalité… Il n’y a pas besoin d’être un athlète pour vivre pleinement la montagne. Juste l’envie de découvrir autrement un territoire riche, vivant, et encore authentique malgré sa notoriété.
Et parfois, c’est la météo ou le relief qui décident. Et ce n’est pas plus mal.

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